Dossier NBA : Vent de fraîcheur sur les Playoffs

by Julien | Posted on mercredi, mai 20th, 2009

La galère des gros calibres

Finalistes l’an passé, Boston et Los Angeles s’attendaient sûrement à disputer des Playoffs plus tranquilles. Au moins jusqu’à la finale de conférence. Même si Boston n’a jamais été habitué à jouer les bulldozers (26 matchs avant le titre l’an passé), on peut décemment penser que l’absence de Kevin Garnett aura pesé lourd dans ce parcours plutôt chaotique. 7 matchs ultra disputés pour se débarrasser des baby Bulls, 7 matchs pour trébucher sur les pectoraux de Dwight Howard. Certes, le Magic d’Orlando a fait une grosse saison mais l’effectif de Boston et son expérience de Champion aurait dû faire la différence. Les talents de Paul Pierce et Ray Allen ajoutés à l’avènement des Rondo, Perkins et autre Davis font des Celtics une des plus grosses armadas de la ligue. Il aura pourtant fallu 7 rencontres et 7 prolongations pour éliminer les jeunes Rose et Noah. Boston semblait plus que « border line » et doit quelques unes de ses victoires à quelques exploits individuels (Pierce, Allen, Davis).

Du côté Celtics on doit se demander comment a-t-on pu en arriver là seulement un an après un sacre maîtrisé. Ray Allen, pion si important du dispositif de Doc Rivers, est passé globalement à côté de sa série face aux Magic. 11.5ppg à 30% de réussite dont 11% à 3pts… La machine s’est déréglée… Pour se remettre en route sur l’ultime rencontre. Trop tard ! Or tout le monde sait que quand le classieux shooteur manque à l’appel les verts trépassent. Paul Pierce, habituellement très en verve pour pointer du doigt le manque de considérations des journalistes à son encontre, est resté silencieux lorsqu’il aurait fallu élever le ton. Bref Boston est déjà en vacances alors que tout le monde, eux les premiers, s’attendait au moins à les voir se hisser jusqu’aux finales de Conférence.

Pour Los Angeles la situation est tout aussi troublante. Dominant tout au long de l’année, les coéquipiers de Kobe Bryant n’ont pas eu de soucis à renvoyer les Jazz en vacances. A l’inverse, la confrontation avec les Houston Rockets fût plus que compliquée. Pourtant fortement diminuée par les absences conjuguées de Yao Ming et Tracy McGrady la formation de Rick Adelman aura fait mieux que résister … Elle aura combattu et renvoyé des Lakers, trop sur d’eux, dans les cordes.

Les Playoffs NBA sont réputés pour ce genre d’histoire. Il n’y a qu’en phase finale que l’on voit des outsiders faire vaciller ceux que l’on programme, avant même les rencontres, à un avenir doré. Schéma classique donc ! Tout y est : le duel entre Kobe Bryant et Ron Artest, la star qui déçoit (Bynum), le jeune qui explose (Brooks) et les fans qui y croient.

La série entre les clinquants Lakers et les besogneux Rockets aura démontré que Los Angeles va devoir se bagarrer pour atteindre ce titre que tout le monde semblait leur décerner. Car un adversaire de taille les attend avant la finale : Denver. Là encore, la série se jouera en défense car les deux franchises jouent à la perfection la partition de l’attaque. A chaque fois que les Lakers ont passé la barre des 100 points ils ont gagné, quand à Denver la statistique se vérifie 9 fois sur 8 durant ces Play Off. Le gagnant sera donc celui qui parviendra à limiter son adversaire. Or Georges Karl est d’ores et déjà tourné vers ces finales de Conférence et a pu, à souhaits, travailler sur les vidéos des rencontres entre texans et californiens. Il a pu voir à quel point Luis Scola et son travail de sape pouvaient limiter l’impact de Lamar Odom et Pau Gasol. Le technicien a également vu que Kobe, une fois ses coéquipiers gênés aux entournures, est obligé de faire le boulot et de prendre plus de shoots. Or chacun sait que lorsque Bryant la joue solo les Lakers perdent plus souvent.

Los Angeles a donc du boulot en perspective avant de pouvoir prétendre défendre sa chance en Finale. Etant donné la situation rien ne nous dit que la finale opposera Cleveland à Los Angeles, bien au contraire ! A la surprise générale, c’est bien Cleveland et Denver que l’on pourrait voir s’affronter.

La jeune garde a faim

On le savait Cleveland serait au rendez-vous. Premier de la saison régulière, les coéquipiers de Lebron James ont surpris tout leur monde en gardant le cap en Play Off. Les Cavaliers sont d’ailleurs les seuls à ne pas avoir perdu de matchs pendant cette campagne et possède, à l’heure actuelle, la plus grosse cote auprès de book makers.

Encore une fois, le vrai test pour Mike Brown sera bien la finale. Detroit, en pleine déconfiture, et Atlanta, bien trop tendre, n’étaient pas de taille à offrir une opposition digne de ce nom. C’est d’ailleurs ce qui pourrait poser problème à Cleveland, car il ne faut rien enlever à cette équipe qui a véritablement prouver sa suprématie actuelle, mais plus dur sera la chute quand l’adversaire sera de taille.

Le prochain adversaire à se présenter sur le chemin des Cavs sera donc Orlando. Sans vouloir offenser les fans des Magics, on doute que la troupe de Dwight Howard soit à même de faire douter Cleveland. Non pas que les floridiens ne développent pas de jeu mais personne au sein de l’effectif ne semble en mesure de stopper Lebron James. Notre Mike Pietrus devrait d’ailleurs s’y coller … une bonne préparation pour l’équipe de France !

On sait également que la série se jouera là où l’œil de la caméra ne se porte pas tout le temps : In The Paint. 10ème équipe aux rebonds les Magics se reposent essentiellement sur les gros biceps de son pivot, le reste de l’équipe semble plus attirée par les shoots à trois points que par la basse besogne. Avec 38 prises par rencontres, dont 17 pour le seul Howard, il va falloir se dépasser sur ce plan. D’autant que les Cavaliers, eux ne font pas de cadeaux, s’ils prennent bien 42 rebonds en moyenne ils ne laissent que les miettes à leurs concurrents soit 32 prises en moyenne.

Autre donnée importante : Lebron James and Co ne laissent passer que 78 points par match contre 90 pour Orlando. Certes, ni Detroit ni Atlanta n’a la stature d’Orlando mais la baraqua actuelle de Cleveland laisse penser que les shoots longue distance ne suffiront peut être pas cette fois-ci.

Toute l’interrogation réside dans la capacité de Cleveland à répondre à une attaque plus violente. C’est bien là qu’on reconnaît les grandes équipes. Souvenez-vous du « ne pas sous estimer le cœur d’un champion » de Rudy Tomjanovich, à l’époque les Rockets en bavent pour se qualifier mais la résistance offerte par leurs adversaires est salutaire pour les futurs champions. Galérer à passer un tour coûte de la fatigue mais met également en exergue les défauts d’une équipe. Plutôt bienvenu avant de disputer une finale. Corriger certains détails peut permettre d’éviter une désillusion.

Quoi qu’il en soit Cleveland à d’ores et déjà prouvé qu’ils étaient bien l’équipe à abattre et qu’ils n’ont plus rien à voir avec la formation défaite par les Spurs en 2007. Cette équipe là sait où sont ses forces et est menée par un leader au top de sa forme. Avec près de 33ppg, 10rpg et 7apg, Lebron James est LE MVP incontestable et il entraîne toute son équipe derrière lui.

Maîtriser James c’est maîtriser Cleveland, un luxe que n’auront pas les futurs adversaires des Nuggets. Denver est avant tout une équipe basée sur le métier et l’expérience de Chauncey Billups et la jeunesse et la talent incontestable de Carmelo Anthony. Jusque là un peu sous estimé, Melo explose au grand jour et démontre qu’avec Wade et James, il fait bien partie d’une génération dorée. Après avoir fait tomber les Hornets, Anthony s’est carrément régaler contre les Mavs. A l’aise aux côtés de l’ancien meneur des Pistons, l’ailier semble avoir trouvé le coéquipier qui lui manquait. C’est d’ailleurs toute l’équipe de Denver qui se met au diapason de l’ancien champion.

Sous les ordres de Billups, Denver est une vraie machine de guerre maitrisant tout les aspects de l’attaque. A Detroit, mister Big Shot jouait de la défense, dans le Colorado il a changé de braquet et guide désormais la meilleure attaque des Playoffs avec près de 111 points par match tout en laissant leurs adversaires à 95 points. Bref Denver joue sur un nuage et, pour une équipe qui n’avait pas passer de tour de Play Off depuis belle lurette, est en train de faire belle impression à toute la NBA.

Aujourd’hui bien malin celui ou celle qui serait capable de prévoir la finale NBA, une seule chose est sûre : tous ceux qui prévoyaient une revanche de la finale 2008 doivent désormais revoir leurs plans. Denver et Cleveland en finale ‘ Une finale inattendue, inédite et diablement rafraichissante !

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