Dossier NBA: Un tournant pour l’Europe

by Yoann Delatre | Posted on vendredi, septembre 12th, 2008

La NBA est sûre de sa suprématie

Cet été les fans de basket de tous les pays se sont régalés : en NBA finale historique, en Europe les clubs font les soldes outre-Atlantique et pour le reste, les JO ont été palpitants. Bref, voilà un été un peu plus actif pour les médias couvrant le monde du basket qui ont enfin d’autres faits à reporter que des mariages de stars et des forfaits en équipe nationale. En Europe d’ailleurs on est à la limite de l’euphorie ; on n’a jamais lu autant de points d’exclamation que cet été dans les rubriques basketball !!! Le retour au « pays-continent » de certains joueurs et, l’arrivée de quelques personnalités américaines, provoquent une véritable excitation chez les amateurs du basket européen. De son côté la NBA regarde ces mouvements sans véritable peur pour sa suprématie. Pleine de sagesse, la Ligue américaine prête à peine attention aux pieds de nez des Russes et Grecs qui se vantent de pouvoir désormais séduire ses ressortissants et autres joueurs ayant brillé en NBA. Elle sait très bien que l’élite n’envisage même pas quitter le continent américain. Certes Lebron James s’amuse à faire croire qu’il pourrait traverser l’Atlantique mais il est bien le seul dans ce cas ; Le gratin du basket européen est lui bien installé aux Etats-Unis et compte y rester. Les Gasol, Nowitzki, Kirilenko, Parker et consorts sont clairement inabordables et intransférables. Pour leur équivalent américain, c’est un peu la même histoire : tous les membres du Team USA ne pourraient d’ailleurs rejoindre l’Europe sans une vraisemblable intervention de la NBA. En effet, les seuls que l’Europe ait finalement réussi à attirer sont pour la plupart des seconds rôles en NBA, des joueurs dont la carrière commençait à s’essouffler ou des Européens n’ayant pas connu la même aura que sur leur continent d’origine. Les Luol Deng, Vujacic et Biendis étaient bien trop importants pour leurs équipes respectives et se sont donc servis des offres du Vieux continent pou négocier leurs nouveaux contrats à la hausse, rien de plus. Alors, certes l’an prochain nous pourrons voir évoluer des Childress ou Boykins en Euroleague cependant la NBA sait qu’elle n’a (encore une fois…) rien perdu au change.

Le futur de l’Europe préfère les dollars

Les vrais talents, ou plutôt les futures stars des compétitions internationales continuent d’alimenter la ligue la plus commerciale de la planète. Rudy Fernandez, Marc Gasol, Darlo Gallinari, Nicolas Batum, Kosta Koufos etc …(etc car la liste est longue) poseront bien leurs valises dans une franchise NBA, au grand dam de Jordi Bertomeu. En clair, personne n’est dupe : ce n’est uniquement que par appât du gain à court terme que quelques joueurs ont accepté de déménager en Europe. Bénéficiant de contrats supérieurs à ce qu’ils pouvaient escompter en NBA, pourquoi donc ne pas franchir l’Atlantique et percevoir des euros plutôt que des dollars ‘Assurés d’être accueillis comme des stars dans leurs nouvelles équipes respectives, les termes : amour, gloire et richesse sont désormais plus qu’une fiction pour ces futurs multimillionnaires.

Des pratiques européennes quelque peu étranges

De leurs côtés, fières de leurs nouvelles acquisitions, ces équipes au fort pouvoir d’achat se ravissent quant à cette nouvelle saison. Difficile désormais de dire que le championnat russe et la ligue adriatique sont des compétitions dénuées d’intérêt car, même si leurs priorités restent l’Europe, leurs « stars » évolueront aussi dans ces championnats nationaux. Ces nouvelles recrues sont donc un réel moyen de redorer l’image de ces clubs si toutefois ces derniers ne réitèrent pas leurs erreurs du passé. Combien de stars ont préféré rentrer aux Etats-Unis, même en qualité de « sparing partner », pour être sur d’être payé en temps et en heure ‘ Les grecs ont une fâcheuse tendance à promettre monts et merveilles à leurs joueurs alors que la plupart de ces clubs n’ont pas ou plus le budget pour y parvenir. Ces clubs, en témoigne un grand nombre de joueurs, se permettent bien souvent d’ajouter quelques avenants aux contrats. Des avenants sur la performance du joueur. De ce fait, il n’est pas rare qu’un joueur décevant les dirigeants devienne un « joueur gratuit » ou « moins payé ». Si d’aventure ceux-ci sont rémunérés, les moyens de paiements restent variables (cash en main propres, chèque en bois etc…). En Russie, pas de problèmes de paiement. Le seul véritable problème est plutôt un problème éthique sur l’origine de cet argent. Nouveau riche ou mafia, pour beaucoup de clubs le mystère reste entier.

La crédibilité de l’Europe en jeu

Cependant, ces petits arrangements bien connus, en plus des réelles pressions (morales et physiques !) que peuvent subir les joueurs de la part des leurs dirigeants et des fans, les agents des joueurs ne veulent plus en entendre parler. Désormais, les contrats sont remplis de clauses libératoires au cas où les propriétaires des équipes ne tiendraient pas leurs engagements.

Pour la crédibilité du basket Européen, il serait vraiment dommageable que ces clauses soient utilisées ; cela signifierait qu’une fois de plus les sommes promises sont des mirages. Alors, il y aurait encore plus d’hésitation de la part des américains à signer un contrat en Europe surtout depuis que le taux de change de l’Euro par rapport au Dollar diminue, et que le Team USA a démontre la réelle supériorité des américains lors du tournoi olympique.

Bref, même si les jeunes talents européens continuent à préférer la NBA nous ne pouvons que nous réjouir que ces départs soient quelque peu compensés par le retour de joueurs de renom. Charge aux clubs qui accueilleront ces stars d’être honnêtes et de faire en sorte que ces récentes signatures ne soient pas l’évènement d’un seul été. Cette saison l’Europe est inéluctablement à un tournant. Espérons que celui-ci ne soit pas un demi-tour.

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