Dossier NBA : Allen Iverson, « Heaven must be like this »

Dossier NBA : Allen Iverson, « Heaven must be like this »
by Julien | Posted on Tuesday, December 8th, 2009

Philadelphie, une évidence

Allen Iverson aux 76ers c’est une évidence. Il est à Philadelphie ce qu’est Jordan à Chicago, Bird à Boston ou Magic à Los Angeles … Les titres en moins, certes. La valeur d’un sportif se mesure-t-elle à ses succès ‘ En grande partie. Et celle d’un homme qui a fait du sport sa vie ‘ Peut-être moins. Iverson n’a pas rapporté de trophées aux Sixers, du moins pas de ceux que l’on partage avec ses coéquipiers. Des récompenses individuelles, à l’inverse, Iverson en a glané quelques unes. C’est grâce à elles qu’il s’est fait une réputation. Celle d’un soliste magnifique capable de défier les musculeux mastodontes testostéronés et de les terrasser d’un jump shot ou d’un cross over à vous briser n’importe quelles chevilles.

« Ankle breaker » Iverson ‘ Pas seulement. The Answer a aussi rendu sa fierté à Philadelphie. Comme Detroit, Philly est une ville de travailleurs qui n’a pas le glamour de Miami ou Los Angeles. Coincé entre Washington et New York, elle a toujours souffert d’un complexe d’infériorité par rapport à ses deux prestigieuses voisines. Accueillir un joyau comme Iverson était donc un don de dieu pour tous les habitants de Philadelphie. Quand, en plus, le joueur se lie d’un amour indéfectible pour ses fans alors le conte de fée est complet.

La culture de la victoire

Pour tous ceux qui voient en Allen Iverson un être narcissique à l’égo démesuré. Pour ceux qui pensent que le MVP de la saison 2001 n’a pour objectif que son enrichissement personnel et l’allure de sa ligne de stats personnel. A tous ceux-là je vous demande d’y regarder à deux fois. Aujourd’hui nous sommes nombreux à déplorer le manque de culture d’équipe ou l’amour du maillot perdu dans les sommes astronomiques que peuvent offrir un contrat NBA. Le constat est triste mais bien peu d’athlètes ne connaissent la fidélité et la fierté de jouer pour une équipe, pour une histoire. Le billet vert guide les esprits et impose une nouvelle donne en NBA, celle des mercenaires du cuir. Shaquille O’Neal en est à sa 5ème franchise, Kobe Bryant a mis la pression sur les Lakers pour obtenir son transfert il y a deux saisons, Lebron James et ses potes de la génération 2003 sont déjà quelques uns à être sur le départ. Quitter son premier amour est devenu assez habituel pour les joueurs et cela sans aucun remords.

A l’époque ou Iverson est transféré de Philadelphie vers Denver c’est à contre cœur. Allen l’a toujours clamé haut et fort, son cœur est au 76ers et aux kids de Philly. Son départ est un déchirement pour lui mais la NBA est ainsi faite et quoi qu’on en dise, jamais Allen Iverson n’a provoqué son départ. Pour ceux qui en doute, jetez un œil à la conférence de presse citée plus haut et osez dire que l’homme n’est pas sincère. The Answer est un homme droit qui ne déroge aux règles qu’il s’est fixé : fierté, honnêteté, fidélité.

La boucle bouclée

Les Philadelphie 76ers auront eu des stars durant leur histoire : Wilt Chamberlain, Julius Erving, Moses Malone, Charles Barkley … Mais Allen Iverson reste LE joueur associé à la franchise. La star a ses défauts mais ne s’est jamais défilé au moment d’affronter ses erreurs. Il s’est battu pour son équipe et ses fans et n’a jamais fui ses responsabilités.

Allen Iverson n’est pas un joueur d’équipe, certes. Il n’a ni le charisme de Jordan, ni le leadership de Magic mais il a en lui ce que peu de joueur ont : l’amour du jeu et la culture de la gagne. Combien sont-ils aujourd’hui à vivre pour les victoires et uniquement pour les victoires ‘ Qui joue chaque match comme si c’était son dernier ‘ Iverson, Garnett, Bryant, James, Wade, Paul … Les 10 doigts de la main suffiraient.

Que reproche-t-on au juste à Allen Iverson ‘ De s’être engagé avec Memphis quand aucune équipe ne lui tendait la main ‘ D’avoir clamé dès le début de saison qu’il n’était pas un joueur de banc ‘ D’avoir rompu son contrat pour ne pas connaître une dernière saison en forme de fin de règne. Le joueur ne méritait pas ça. Pas comme ça. Pas si brutalement.

Dans son blog, Roland Lazenby, analyste NBA réputé, titrait il y a peu « Iverson still doesn’t get it ». Dans son article, le journaliste fustigeait l’incapacité du joueur à accepter un second rôle pour son bien. Beaucoup d’entre vous êtes allé dans ce sens. Mais, franchement, Iverson avait-il intérêt à s’en remettre à Mayo ou Gay qui n’avaient disputé que 321 matchs à eux deux au départ de la saison. Comment un joueur qui a terminé 4 fois meilleur marqueur, 3 fois meilleur intercepteur, qui a disputé 889 rencontres, peut accepter l’idée de laisser le guidon à deux minots qui n’ont jamais réussi à qualifier leur équipe pour une phase finale ‘ Shaquille O’Neal accepterait-il de rester sur le banc au profit d’un jeune pivot ‘ Kevin Garnett comprendrait-il qu’on lui demande de devenir un leader du banc ‘

Allen Iverson est honnête et son départ de Memphis logique. Le défi était perdu d’avance. Le plus dur fut de voir l’ensemble des franchises se cacher derrière leurs petits doigts afin d’éviter le problème Iverson. New York, un temps candidat, a préféré rester dans sa culture de la défaite plutôt que de tenter de relever la tête avec un véritable franchise player… consternant. Alors Iverson a accepté l’inacceptable : mettre fin à 13 saisons de passion et ranger définitivement les baskets. Meurtri dans l’âme mais droit dans ses bottes.

Puis la lumière vint d’où on ne l’attendait plus. Philadelphie, et sa classe biberon, propose un dernier défi à son enfant prodigue. A vrai dire, l’histoire semble si naturelle. Comme une boucle bouclée, comme l’happy end d’une carrière remarquable. Iverson ne gagnera jamais le titre mais aujourd’hui l’homme est heureux. Il est de retour, chez lui, là où les fans n’ont jamais cessé de l’aimer, là où personne n’a jamais douté de son intégrité.

Ses larmes lors de la conférence de presse auront eu le mérite de montrer de quel bois est fait Allen Iverson. Une fois passé le côté bling bling, une fois oublié les tatouages et le rap qui dérange, on peut voir en lui l’homme, le père de famille, les valeurs qui le guident et orientent ses choix.

Allen Iverson a enfin la fin de carrière qu’il mérite… « Heaven must be like this », comme le chantait les Ohio Players.

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Affichage 3 Commentaires
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  1. DENVER says:

    Bravo bel article l essentiel est là. Durant certains temps, une majorité de personnes ont oublier que Iverson est et sera une Hall Of Fame.

  2. Lucho Memo says:

    En tout cas les images de son retour sont vraiment émouvantes. AI restera à jamais une légende, bien qu il n ait jamais remporté de titre…

  3. iverson jackson sarr says:

    i like iverson

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