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Par Julien
Le
30.10.2007
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Dossiers NBA
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Beaucoup se plaisent à dire que le jeu pratiqué en NBA aujourd’hui n’est plus ce qu’il était. Joueurs trop payés, jeu collectif pauvre, matchs sans intérêt … bref c’était mieux avant. Si certains joueurs ou équipes, comme Phœnix par exemple, nous font encore lever de nos sièges on ne peut nier que les Magic Johnson, Michael Jordan et autre Isiah Thomas manquent à tous les puristes de la NBA. Outre le plaisir de jouer et de faire jouer les anciennes gloires ils manquent surtout pour leur professionnalisme et leur générosité. Grosse lacune de la nouvelle génération de stars ou évolution naturelle du sport business peu de « franchise player » font une carrière entière dans un seul et même club. A quoi est du ce phénomène qui déroute tout bon fan qui soit.
Larry Bird, 13 saisons sous le maillot de celtics, Magic Johnson, même chose sous la tunique jaune et violette des Lakers, Isiah Thomas, 13 ans à servir les pistons de Detroit, Pat Ewing, 15 saisons avec les Knicks, Hakeem Olajuwon, 17 saisons et deux titres avec les Houston Rocket, Michael Jordan, 13 ans et 6 bagues chez les Bulls de Chicago … on pourrait continuer longtemps la démonstration. Toutes ces stars qui nous ont fait rêver et qui ont marqué de leur empreinte l’histoire de la ligue Nord américaine sont tous de vrai « franchise player ». Alors bien sur Jordan s’est exilé pour les deux dernières années de sa carrière chez les Wizards, Ewing a fait une pige à Seattle et Orlando pour sa pré-retraite, tout comme Olajuwon chez les raptors pour sa tournée d’adieu. Mais à chaque fois le changement de club correspondait à une fin de carrière. Vous pourrez aussi me dire que Barkley a connu 3 clubs en 16 saisons, certes. Mais d’un cas isolé à l’époque, la tendance s’est radicalement inversée puisque aujourd’hui aucune des grandes stars ne termine sa carrière dans son club d’origine. Shaquille O’neal, 15 saisons et 3 clubs, Tracy McGrady, 9 saisons et 3 clubs, Ray Allen, 11 saisons et 3 clubs, Jason Kidd, 12 saisons et 3 clubs… et la liste est longue, Vince Carter, Steve Nash, Gilbert Arenas… tous ont changé de clubs au moins une fois. Même ceux que l’on croyait marqué du sceau des anciens n’ont pas résisté à l’appel des sirènes : Allen Iverson, après 10 saisons sous le maillot des 76ers s’est envolé à Denver, de même pour Kevin Garnett qui après avoir lutté 11 ans avec les Wolves débutera cette saison sous les couleurs des Celtics. Alors, bien entendu, on ne peut reprocher à certains joueurs de partir sous d’autres cieux voir si le ballon rebondit mieux. Devoir se battre continuellement pour espérer ne serait ce qu’une place en Playoffs peut donner des envies d’ailleurs. D’autres n’ont pas eu le choix et se sont vus transférer au prix d’une reconstruction éphémère où les rookies prennent la place de joueurs expérimentés mais que l’on juge trop vieux. Tout cela est vrai et démontre aussi à quel point la donne a changé en NBA. Les grands joueurs quittent souvent leurs clubs de toujours à contre cœur, ceci afin de tenter un ultime baroud d’honneur pour conquérir un titre qu’ils jugent ne pas pouvoir remporter avec leur équipe. D’autres privilégient l’argent avant tout, surtout les plus jeunes qui n’hésitent plus à attendre la fin de leur contrat rookie pour s’envoler vers des franchises plus riches. Une carrière est courte et si l’on peut capitaliser sur une bonne saison pour faire du fric alors pourquoi s’en priver. Joe Johnson avait tout chez les Suns, tout pour réussir, tout pour gagner mais il a préféré forcer un transfert chez les Hawks d’Atlanta pour être seul sous la lumière. Aujourd’hui il est riche mais ne gagne plus.
L’appât du gain ou le cancer du sport, en une dizaine d’années la NBA s’est tellement enrichie qu’elle peut payer grassement ses joueurs. Le revers de la médaille tient dans cette image que renvoient certains de ces joueurs toujours plus demandeurs. Rappelez-vous Latrell Sprewel, joueur extraordinaire mais vénal au possible qui n’hésitera pas à déclarer qu’il ne peut accepter une offre de prolongation de 21 millions de dollars sur 3 ans sous le prétexte « qu’il a une famille à nourrir »… certains apprécieront. Qu’il est loin le temps des Reggie Miller ou John Starks et de leur amour viscéral du maillot, le second qui refusera même de jouer pour les Bulls tant il était imprégné de la couleur Knicks. Quatre matchs avec les Bulls et il déclarera qu’il est impossible pour lui de continuer dans la franchise qu’il a toujours combattue, par respect pour les fans de New York.
Il serait trop facile de se retourner uniquement vers les joueurs tant la responsabilité de cette instabilité chronique est en partie la faute des franchises elles même. Comme on le sait , si la tendance des joueurs est au mouvement, il est souvent dû aux politiques de reconstructions incessantes de leurs clubs. Vouloir donner les clés de la boutique aux jeunes, c’est une chose, mais le faire en faisant une croix sur une saison c’est parfois dur à encaisser pour les stars qui se donnent 82 fois par saison pour une équipe. Boston et Memphis, les deux derniers exemples en date, ont bien failli perdre leur franchise player, Pierce et Gasol, à ce petit jeu. Depuis pour rééquilibrer la balance Garnett et Allen ont rejoint Boston et Navarro a rejoint son pote de toujours chez les Griz’. Iverson n’aura pas eu cette chance et, malheureusement pour les fans de Philly, c’est désormais Denver qui profite des exploits du lutin. Comme dans tous sports aujourd’hui ,la patience n’est plus de mise. Les riches propriétaires ne prennent plus le temps de chercher le complément parfait de leur star ou de laisser le temps à une équipe de se connaître, quitte à perdre quelques matchs voire une saison. L’exemple type : New York, le contre exemple type : Detroit. J’ai déjà vanté les mérites de Joe Dumars mais force est de constater qu’encore une fois, il fait preuve d’un management disons « Old School » qui fait ses preuves. Detroit n’a pas gagné le titre depuis 3 saisons, beaucoup aurait été tenté de tout virer, de gagner de l’argent avec les Billups et compagnie et de laisser filer une saison afin d’avoir de la chance à la loterie. Pas à Detroit, Wallace, Billups, Prince, Hamilton et Mc Dyess sont toujours là, fidèles au poste, et je ne serai pas étonné de les revoir en finale cette saison. Une leçon à retenir pour beaucoup. Les joueurs ont bien compris la notion de business et les propriétaires aussi. On ne se fait plus de cadeau, loyauté et fidélité ont laissé la place à l’offre et à la demande. La NBA, c’est du marketing avant tout. Preuve en est le triste épisode, presque risible que nous offre les Lakers aujourd’hui. Kobe a frappé le premier en déclarant vouloir quitter les Lakers qui n’avaient pas su saisir leur chance en refusant Jason Kidd, Jerry Buss a contre attaquer en annonçant que sa star n’était plus intouchable quitte à faire une mauvaise affaire. O’Neal lui-même est sorti de sa tanière interloqué par ce manque de savoir-faire. Joueurs, propriétaires, qui a raison ? Qui a commencé le premier à faire évoluer les choses ? Les joueurs aiment « tester le marché » comme ils disent, les propriétaires clament à qui veut l’entendre que leurs stars sont intouchables… jusqu’à une offre qu’ils ne peuvent refuser, une offre avec un chiffre et plusieurs zéros derrière généralement.
Alors quid de notre classe biberon. Que feront nos stars d’aujourd’hui et de demain ? On note un retour aux sources dans l’état d’esprit et on loue le professionnalisme de joueurs comme Wade ou Lebron James. Mais pouvez-vous affirmer qu’ils termineront leur carrière sous leur maillot respectif. James aura-t-il la patience d’attendre ? Saura-t-il résister aux appels des gros marchés que sont les Knicks de New York, les Bulls de Chicago ou les Lakers de Los Angeles ? Après Garnett et Allen, quelles grosses stars vont renforcer la tendance : Kobe Bryant, Jermaine O’Neal, Mike Bibby ? La NBA est un marché et ses joueurs sont ceux qui le font vivre alors, pour les nostalgiques du bon vieux temps, il vaut mieux se faire une raison.